Leiloona organise chaque semaine des ateliers d'écriture. Tous les mardi/mercredi, elle met en ligne sur son blog une photo qui doit permettre d'éveiller l'imagination et mettre ainsi en place un processus d'écriture. Les participants doivent ensuite fournir un texte le dimanche soir qui suit. Le lundi matin, Leiloona les publie ou met les liens des différentes participations.
©Vincent Héquet
It’s oh so quiet
It’s oh so still…
Ces paroles lui viennent sans cesse quand elle se promène dans la forêt. Elle est pourtant habituée, elle fréquente cette nature immense depuis son plus jeune âge. Quand le quotidien à la maison lui semblait rude, quand elle en avait marre d’entendre des cris et des lamentations, elle venait ici pour s’apaiser, calmer sa douleur et sa violence. Pendant les crises à la maison, elle avait envie d’hurler, de taper du poing. Personne ne se souciait de ce qu’elle ressentait face à cette situation. Elle n’était plus qu’une fontaine de sang, bouillant, sous la forme d’une fille. La forêt était devenue sa seconde demeure et sa nouvelle aire de jeux et de découvertes. Elle avait pu approcher des animaux qu’elle n’aurait jamais pensé voir de si près. Est-ce qu’ils sentaient son désarroi et venaient ainsi la réconforter ? Elle se souvient précisément du moment où un daim était venu se faire caresser. Un moment inoubliable. Elle en était ressortie rassénérée et avait pu retourner à la maison, un poids en moins sur ses épaules. Cette sérénité n’avait pu qu’être très éphémère cependant…
It’s oh so quiet
It’s oh so still
You’re all alone
And so peaceful until…
Les années étaient passées et la situation ne s’était pas calmée. Elle avait fini par prendre ses cliques et ses claques à peine la majorité atteinte. Elle s’était plongée à corps perdu dans ses études et avait fui toute vie sociale. À quoi bon se mêler à la foule quand l’être humain a toujours montré sa face sombre ? Elle allait cependant mieux, au point de venir moins souvent en forêt : elle finissait par apprivoiser toute seule la quiétude.
Et puis, un regard s’était posé sur elle. Etait-ce bien pour elle ce regard ? La méfiance avait pris le dessus, comme d’habitude. Mais, petit à petit, elle comprit que ça pouvait être réel, vrai, sincère, exempt de violence… Les ballades en forêt n’étaient plus nécessaires pour son bien-être. Par habitude, elle continuait à y aller de temps en temps, comme pour lui rappeler le chemin parcouru.
It’s oh so quiet
It’s oh so still
You’re all alone
And so peaceful until… you fall in love
Aujourd’hui, elle est dans cette forêt mais plus rien n’est comme avant. Now, she’s oh so… violently happy… sssshhhh…
©Virginie Vertigo
Bande-son d’écriture : Bachelorette, It’s Oh So Quiet, Jóga et Violently Happy de Björk.
(Bien aimé la narration. Ai eu plus de mal avec le "marre" qui montre la violence, mais qui enlève une certaine poésie à ton texte.)